17/02/2009

La fermerture de l'IRIS en France.

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Nous appelons à une forte mobilisation nationale!

Défenseurs de l'éducation bilingue, de la langue des signes, du respect de la LOI de février 2005,

Au travers cette association, des parents d'enfants sourds ayant fait le choix d'une éducation en langue des signes (LS) pour leurs enfants ont réussi à développer un dispositif scolaire de la maternelle à la terminale en milieu ordinaire. Actuellement, près d'une centaine d'enfants sourds bénéficient d'un enseignement des programmes scolaires Education Nationale dispensés par des professeurs majoritairement sourds utilisant la LS comme langue d'enseignement. A noter que cette méthode unique en France produit d'excellents résultats sur les élèves sourds.

De 2001 à 2004, ce dispositif langue française/LS fait l'objet d'une expérimentation à travers la Circulaire rectorale 01/029/NM/AR du 24 janvier 2001 qui précise que l'Académie de Toulouse s'est engagée dans la mise en place d'une filière bilingue de la classe maternelle à la fin de l'enseignement secondaire et que pour ce faire dans les établissements proposant le bilinguisme, l'objectif est de pouvoir proposer un enseignement disciplinaire et direct en LS dans une classe spécifique. Ceci a été conforté par le Ministère avec la commande d'une expérimentation en Juillet 2003 qui demande d'assurer un parcours scolaire bilingue continu et de qualité de l'école au lycée.

Rappelons que ce parcours est conforme au code de l’éducation modifié par la oi n° 2005-102 du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, notamment les articles L. 112-1, L. 112-2-2 ainsi qu'au Décret n° 2006-509 du 3 mai 2006 relatif à l’éducation et au parcours scolaire des jeunes sourds. Ces textes sont enfin clairs, tant sur le plan de la liberté de choix du type d'éducation, que sur la responsabilité de l’Education Nationale de mettre en oeuvre les parcours correspondants.

Ce dispositif mis en œuvre au contact d'enfants entendants est le reflet 'une intégration réussie car au-delà des activités pédagogiques communes favorisant les relations entre enfants sourds et entendants, au-delà des cours de langue des signes inclus dans le cursus des élèves entendants, ce sont une majorité de parents et d'enseignants entendants qui s'investissent volontairement dans l'apprentissage de la LS afin de briser les barrières de la communication et ainsi faire disparaître la notion de handicap en instaurant une vraie relation entre individus sourds et entendants.

Devant l'efficacité de cette expérimentation réussie, L'Education Nationale s'est engagée sur la base d'une prise en charge financière du dispositif bilingue prévue dès la rentrée scolaire 2004 sous couvert d'une convention de partenariat avec IRIS, l'association possédant l'expertise nécessaire sur laquelle l'EN pouvait s'appuyer en raison de son inexpérience en matière d'éducation des enfants sourds. Le moment venu d'officialiser ce partenariat, l'EN a prétexté un retard de quelques mois sur la finalisation de l'écriture de cette convention. Quelques mois pendant lesquels le financement des classes ont été assuré par IRIS. Puis quelques semaines de plus car un tel était en vacances, puis quelques mois encore car le Recteur en poste était en cours de mutation, puis quelques mois supplémentaires puisqu'il fallait réitérer nos explications au nouveau Recteur, et ainsi de suite...

La convention a finalement été signée en mars 2007 cad avec un retard de 3 ans! Durant la période 2004 à 2007, l'association IRIS a dû assurer sur ses fonds propres une part importante du coût lié au fonctionnement de ces classes (salaires des professeurs, frais d'interprètes en LS, sorties pédagogiques...) en lieu et place de l'Education Nationale. Aujourd'hui, le problème persiste. Pendant 3 années, IRIS s'est substituée à l'État français sans aucune contrepartie financière en offrant la possibilité aux enfants sourds de suivre une éducation au même titre que celle suivie par un quelconque citoyen considéré comme "normal".

Bilan de la facture IRIS : un investissement de 300 000 € sur fonds propres de 2004 à 2007 et une dette de 235 000 € en 2007.

L’association arrive au terme de ses capacités financières au terme du mois de février 2009. Au sortir d’une procédure de redressement judiciaire (septembre 2007 - septembre 2008), cette situation signifie une menace sérieuse de fermeture définitive de l’association LES IRIS.

Même si le Ministère de l'Education Nationale reconnaît ouvertement son incapacité à piloter seule un dispositif de ce type (propos du Recteur d’Académie de Toulouse lors de la signature de la convention en mars 2007 repris par le Recteur actuel), l’institution a réussi à étouffer jusqu’à l’agonie l’unique partenaire sur lequel elle peut s’appuyer dans le domaine de l’éducation en langue des signes des enfants sourds.

Ceci implique :
- la disparition de l’enseignement de la LSF dans les classes de CP-CE1 dans les classes bilingues,
- l'interruption de l’accueil des familles désirant visiter les classes dans la perspective de scolariser leur enfant au sein du dispositif, ce qui condamne à terme l’existence même de la filière,
- la fermeture définitive du SESSAD IRIS agréé par la DDASS qui répond aux besoins spécifiques des enfants accueillis à travers des actions éducatives, médico-éducatives, et thérapeutiques,
- la disparition d’un centre d’expertise sur lequel s’appuie le Ministère de l’Education Nationale à travers l’élaboration de contenus pédagogiques, le recrutement des enseignants, l’essaimage du dispositif dans d’autres villes de France, la réalisation de programmes en LSF (notamment les programmes du primaire parus dans le Bulletin Officiel n°33 du 4 septembre 2008) mais aussi à travers un projet à caractère national de plateforme Internet de diffusion de supports pédagogiques à destination des enseignants sur lequel IRIS est maître d’œuvre,
- la disparition du pôle Recherches sur la langue des signes de l’association permettant d’améliorer les contenus et les techniques d’enseignements au service des enseignants du dispositif,
- la disparition de l’enseignement de la LSF à l’université du Mirail qui touche actuellement 200 étudiants,
- la disparition de l’unique SAVS de la Région destiné à l’accueil des personnes sourdes non autonomes,
- la disparition de la formation à la LSF permettant un développement et une accessibilité aux services de la vie quotidienne dispensée à de nombreux particuliers et entreprises.

Malgré nos appels à l’aide auprès de la Présidence de la République, du gouvernement français, du Préfet de Région et du Recteur d’Académie de Toulouse, aucun élément tangible n’est venu améliorer une situation aujourd’hui proche du point de rupture.

De plus, le dispositif bilingue du 1e degré rencontre depuis 6 mois (depuis l’arrêt de la prise en charge par IRIS des frais d’interprètes) de graves dysfonctionnements provoqués par l’interruption des interventions d’interprètes en LSF dans la vie de l’école. Ceci remet en cause la philosophie d’intégration qui caractérise ce mode d’éducation prôné par IRIS dès sa création. Ces désagréments provoquent la disparition des activités communes entre élèves sourds et entendants et perturbent considérablement le déroulement normal du processus scolaire dont la plupart des activités sont suspendues.

A ce jour, aucun moyen de substitution n’a été mis en œuvre pour palier à ces désagréments remettant en cause les moyens d’intégration assurés jusqu’ici par IRIS. Ceci se traduit par une initiative des enfants entendants consistant à la vente de jouets dont la recette serait destinée à financer les interprètes intervenant à l’école. Est-ce du ressort des enfants de subvenir aux manquements de l’Etat ? Nous considérons cet élan de générosité foncièrement inacceptable!

En conséquence, la totalité des associations et structures nationales et locales en lien avec la langue de signes, les organisations de parents d’élèves et d’enseignants des établissements bilingues, les étudiants des universités de Toulouse et l’ensemble de la communauté sourde se mobilisent à l’occasion d’une manifestation le mercredi 25 février 2009 à Toulouse dans le but d’exprimer un profond désaccord avec :

- le désintérêt de l’Etat et de la politique menée par le gouvernement actuel en défaveur de la minorité sourde,
- le discrédit porté à la langue des signes dans le système éducatif français.

Un rassemblement se déroulera à 14h00 sur la place Arnaud Bernard, et se rendra à la Préfecture devant laquelle sera sollicité un entretien auprès du Préfet de Région afin d’obtenir les garanties nécessaire à la pérennité du système éducatif en place et ainsi permettre à la Haute-Garonne de conserver son rôle de précurseur dans ce domaine.

Ardents défenseurs de l'éducation bilingue de toutes les villes de France, nous vous invitons à nous rejoindre pour soutenir cette action et faire entendre le droit des sourds à l'État français.

Je vous remercie de toute l’attention que vous porterez à ce message.

Le Président de l’association LES IRIS.

http://www.education.gouv.fr/cid23759/eleves-handicapes-xavier-darcos-rappel le-l-engagement-de-l-educa

tion-nationale.html annoncé par monsieur le ministre d’Education National, Xavier DARCOS.

18:19 Écrit par Sourds et Malentendants Socialistes dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

VIVE LA SOLIDARITÉ !!!

Écrit par : Claude Brasseur | 17/02/2009

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